Prévention accidents BTP

Comment prévenir les accidents lors de l’entretien des infrastructures ?

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L’entretien des infrastructures, ponts, tunnels, barrages, expose les travailleurs à des risques élevés. Chutes de hauteur, utilisation d’engins spécialisés, coactivité entre entreprises : les dangers sont nombreux.

En France, les accidents du travail dans le BTP représentent environ 15 % des accidents mortels, selon les données de l’Assurance Maladie (CNAM, 2023). Au-delà des conséquences humaines, ces accidents entraînent des coûts financiers considérables.

La prévention accidents BTP n’est pas une option, mais une obligation légale, encadrée par le Code du travail et les normes ISO. Voici comment aborder efficacement la sécurité BTP sur vos chantiers de maintenance.

Les principes généraux de prévention

L’analyse et l’évaluation des risques

Avant toute intervention, vous devez identifier précisément les risques présents sur le site. Cette opération constitue la première étape de toute opération de maintenance.

Le Code du travail impose une inspection commune des lieux entre l’entreprise utilisatrice et les intervenants externes. Cette rencontre permet de partager les informations essentielles sur les dangers spécifiques de l’ouvrage.

Lors de cette inspection, il faut notamment relever :

  • Les zones de travail en hauteur et les accès difficiles,
  • La présence d’équipements sous tension ou de produits dangereux,
  • Les contraintes liées au trafic (routier, fluvial, ferroviaire),
  • Les risques de coactivité entre les différentes entreprises.

Le plan de prévention du chantier

Le plan de prévention du chantier est obligatoire dès que des travaux dangereux impliquent plusieurs entreprises. Il doit être rédigé avant le début des interventions.

Ce document formalise les mesures de prévention retenues par toutes les parties. Voici les éléments qu’il doit contenir :

Elément obligatoireContenu attendu
Phases d’activité dangereusesListe des tâches à risque identifiées
Mesures de préventionEPI, protections collectives, procédures
Organisation des secoursNuméros d’urgence, accès aux premiers secours
Coordination inter-entreprisesRôles et responsabilités de chaque intervenant
Modalités de contrôleInspections planifiées, registres de sécurité

Selon l’INRS, ce plan doit être tenu à jour et accessible à tout moment sur le chantier.  

La formation et le principe ALARA

La conduite des équipements de levage ne peut être confiée qu’à des personnels formés et titulaires d’une autorisation de conduite délivrée par l’employeur.

L’INRS précise que cette autorisation doit être renouvelée régulièrement et adaptée au type d’équipement utilisé.

Le principe ALARA (« As Low As Reasonably Achievable ») s’applique à la réduction de toute exposition au danger. Issu de la radioprotection, il est transposable à tous les risques professionnels.

Concrètement, vous devez réduire l’exposition en agissant sur les 3 ponts suivants :

  • La durée : limiter le temps passé à proximité du danger.
  • La distance : s’éloigner au maximum de la source de risque.
  • La protection : interposer des équipements ou des protections adaptées. 

Les matériels et les équipements pour réduire les risques

Les équipements de protection individuelle (EPI)

Les EPI constituent le dernier rempart contre les accidents. Ils interviennent uniquement lorsque les protections collectives ne suffisent pas.

Le Code du travail impose à l’employeur de privilégier les protections collectives avant tout recours aux EPI.

Pour les travaux en hauteur sur des ouvrages d’art, les EPI indispensables sont :

  • Harnais antichute avec longe à absorbeur d’énergie,
  • Un casque de protection avec jugulaire,
  • Des chaussures de sécurité antidérapantes,
  • Des filets de sécurité sous les zones de travail,
  • Des gants et des lunettes adaptés au type d’intervention.

Chaque EPI doit être contrôlé avant chaque utilisation. Par ailleurs, un équipement endommagé doit être immédiatement retiré du service.

Les protections collectives et les accès

Les protections collectives sécurisent l’ensemble de la zone de travail, indépendamment des actions individuelles. Elles doivent être mises en place en priorité.

Pour l’entretien des infrastructures, vous disposez de plusieurs solutions :

  • Des garde-corps temporaires sur les parties exposées,
  • Des planchers roulants pour les travaux en intérieur de tunnels,
  • Des passerelles d’accès temporaires certifiées,
  • Un balisage et une signalisation renforcée de la zone de chantier.

Les passerelles et plates-formes doivent être conformes aux articles R.4224-5 et suivants du Code du travail. 

Les équipements spécialisés pour les ouvrages d’art

L’inspection des sous-faces de ponts représente l’une des interventions les plus risquées. Les équipements standards ne permettent pas d’y accéder en toute sécurité.

Les nacelles négatives et les passerelles à déport ont été conçues spécifiquement pour ces situations. Elles permettent un accès sécurisé sous le tablier d’un pont, même dans des configurations complexes.

Les principaux avantages de ces équipements sont :

  • Un accès stable et sécurisé aux zones inaccessibles par d’autres moyens,
  • Une réduction significative du risque de chute,
  • Une optimisation de la durée d’intervention grâce à une meilleure ergonomie,
  • Une adaptabilité à différentes configurations d’ouvrages.

Pour l’entretien sous les ouvrages d’art, le recours à la location de passerelles et nacelles négatives sur mesure permet d’assurer la sécurité des intervenants. Vous pouvez aussi optimiser la durée du chantier.

Ces équipements sont disponibles à la location, ce qui évite un investissement important pour des chantiers ponctuels. Une passerelle négative adaptée à votre ouvrage se déploie rapidement et s’intègre dans votre plan de prévention.

Voici une procédure type applicable à l’inspection d’un pont à l’aide d’une nacelle négative ou d’une passerelle.

ÉtapeActionResponsable
1 – BriefingVérification du plan de prévention et des autorisationsChef de chantier
2 – Contrôle matérielInspection des EPI et de la nacelle ou passerelleOpérateur certifié
3 – InterventionDéroulement de l’inspection avec communication continueToute l’équipe
4 – DébriefingConsignation des observations et remontées d’anomaliesChef de chantier

À chaque étape, la communication entre les opérateurs est essentielle. Utilisez des systèmes radio fiables, surtout dans les environnements bruyants ou confinés.

Les conducteurs d’équipements de levage doivent être autorisés par écrit par l’employeur. Cette autorisation de conduite est nominative et liée à un type d’équipement précis.

Par ailleurs, la consignation des observations en fin d’intervention permet de suivre l’évolution de l’état de l’ouvrage. Ces données alimentent le programme d’entretien préventif.